
OSCILLATION - Le DPE, c’est un peu comme ces séries à rallonge : à peine une saison terminée qu’une autre est déjà annoncée. Le diagnostic remodelé en profondeur en 2021 n’en finit plus d’être retouché, réajusté, modifié. Dernière correction en date, l’évolution de la méthode de calcul au 1ᵉʳ janvier 2026, qui devrait faire disparaître environ 850 000 passoires énergétiques. Par Christophe Demay, journaliste
Hier classé F, aujourd’hui en E. En ce début d’année, c’est la valse des étiquettes en vitrine des agences immobilières. Sans changer une menuiserie, sans isoler un mur et sans toucher à un thermostat, sans les moindres travaux. Juste parce que le DPE a évolué et qu’un coefficient dans son algorithme a été modifié pour moins pénaliser l’électricité.
L’électricité, victime d’injustice
Danielle Dubrac, la présidente de l’Unis éprouve une forme de lassitude avec cette « énième réforme du DPE ». Et aussi un peu d’agacement. « Ce n’est pas faute d’avoir alerté sur les biais du diagnostic. » Danielle Dubrac se souvient de ses nombreuses propositions d’amélioration adressées au ministère, parfois même avant la grande réforme de 2021. Mieux vaut tard que jamais. « L’essentiel est que ce soit corrigé. »
Même si cette réforme risque de nourrir la défiance à l’égard du diagnostic, elle apparaît comme un mal nécessaire. « Le DPE est l’outil socle de la politique de rénovation énergétique, il est important qu’il soit fiable, poursuit la présidente de l’Unis. Nous considérons qu’il s’agit d’une bonne mesure parce que l’électricité restait maltraitée jusqu’à présent. » C’est aussi le message porté par le gouvernement lorsqu’il a annoncé la réforme, à l’été 2025 : celui d’une injustice à réparer. Car à caractéristiques tout à fait égales, un logement chauffé au fioul ou au gaz écopait d’une meilleure étiquette qu’un même logement chauffé à l’électricité.
Après d’âpres discussions (et parfois quelques crispations chez certains professionnels), le gouvernement Bayrou a publié...