Venez chez moi, j’irai chez vous - L’échange gagnant

Longtemps resté confidentiel en France, l’échange d’habitations est en plein boom. Un moyen très économique de voyager qui ouvre de nouveaux horizons. En cette période particulière de confinement/déconfinement, c’est peut-être également une des façons de pallier les difficultés de réservations en équipements touristiques…

La vague est puissante et mondiale. Très développé aux Etats-Unis ou au Canada depuis un demi-siècle, ce moyen malin  de voyager est resté longtemps très marginal dans l’hexagone. Mais, favorisé par les plates-formes numériques, le mouvement s’accélère, plus de 40 000 Français échangent chaque année leur logement.

Il faut dire que ce mode d’hébergement partagé est particulièrement attractif. En quelques clics, vous accédez à une offre considérable sur les sites spécialisés, pour poser vos valises aux quatre coins du monde. Fini les locations impersonnelles et  hors de prix, c’est un nid habité qui vous attend et qui ne vous coûte rien. La contrepartie c’est bien sûr d’ouvrir aussi votre toit à des inconnus qui viendront,  souvent au même moment, s’installer chez vous. Aucune transaction financière entre vous et vos hôtes, cet échange est basé sur la confiance réciproque.

99,9% d’échanges sans problèmes

Sur le site HomeExchange, entreprise française, leader mondial du secteur avec 70 % de part de marché, le nombre d’échanges a plus que doublé sur la planète ces 2 dernières années. «  Nous proposons 400 000 habitations, dont 182 000  en France, Paris restant la ville la plus populaire du monde.  En 2019, 3,3 millions de nuitées ont été échangées via notre plate-forme, dont 1 million en France, pays le plus attractif, devant l’Espagne et  les USA », explique Lola Florin, responsable de la communication. 

Si vous voulez tenter l’aventure, et même si rien ne vous oblige à passer par des sites spécialisés, vous avez tout intérêt à vous connecter. Le système est simple, rapide et sécurisant. Il existe une dizaine de plates-formes d’échanges, gratuites ou non. Les sites payants proposent un abonnement annuel (entre 100 et 200 euros) incluant des garanties « annulation » et « dommages ». « Pour d’éventuels dommages causés par les occupants, nous garantissons jusqu’à 1 million d’euros.  Mais   les problèmes sont très rares, 99,9% des échanges se passent sans incidents », assure le site.

Un contrat moral

Un chiffre qui n’étonne pas Jacqueline et Alain Come, enseignants à la retraite, résidents à Amboise, adeptes de l’échange de maisons depuis 30 ans. « La seule fois où nous avons eu un souci, une cafetière cassée, se rappelle avec amusement Alain, nous avons trouvé de l’argent sur la table. Ce type d’échange ne peut se faire que dans un esprit positif, nous n’avons jamais établi de convention, le contrat est moral.  On choisit une maison un peu comme la nôtre et on en prend soin, les personnes que nous accueillons font pareil. Les risques sont très minimes et nous ne prenons aucune assurance complémentaire, nos contrats habituels suffisent. On n’aurait jamais pu voyager autant sans ce système, nous avons beaucoup visité les pays du nord de l’Europe mais aussi l’Italie et l’Espagne en profitant de vacances de qualité grâce à cette formule d’hébergement gratuit. Et pendant ce temps-là, notre maison est occupée, on part tranquilles.»

Une fois inscrit, vous mettez en ligne votre annonce et vous entrez en contact directement avec les personnes qui proposent l’offre vous convenant. A vous de jouer et de vous entendre avec vos futurs hôtes, le site n’intervient pas dans ce dialogue. Ne vous précipitez pas sur la première offre venue, le choix est vaste, prenez votre temps, comparez, étudiez bien la situation, les temps de déplacements, les services…

Sécurisez votre échange

Contrairement à une idée reçue, tous types de logements peuvent s’échanger, sans notion d’équivalence, une ancienne ferme du Poitou ou un studio à Dijon peuvent trouver preneur auprès du propriétaire d’une villa californienne.

L’échange peut être effectué par un propriétaire mais également par un locataire, sauf si le prêt est interdit dans le bail ou si ce dernier impose une occupation personnelle du logement.

Attention, quelques précautions sont à prendre pour éviter des mauvaises surprises et des escroqueries. Sur Internet, toutes sortes d’annonces fleurissent, préférez les sites reconnus et spécialisés, gages de sécurité, comme l’historique européen Intervac.fr ou Homelink.fr qui développe son savoir-faire depuis 1953. Les amateurs de belles maisons, branchées ou insolites, trouveront leur bonheur sur Love home swap.fr. Citons encore Switchome.org (sans frais d’adhésion), Echangeimmo.com ou Neovacances.com, spécialisé dans l’échange de maisons secondaires.

Autre règle d’or, cherchez à établir un échange réel avec vos futurs occupants. Ne vous contentez pas d’un seul contact, tentez de faire vraiment connaissance. Et même si aucun contrat, au sens juridique du terme, n’est imposé, préparez un document écrit fixant les règles d’utilisation de la maison, éventuellement les charges et obligations : électricité, eau, téléphone…

Et, dans l’idéal, mieux vaut être présent pour accueillir les nouveaux arrivants et faire ensemble un état des lieux. Avant de partir vers de nouveaux horizons !

3 clés pour un échange réussi

Accueillir

Rangement, nettoyage, jardinage, place dans les placards... Vérifiez la liste de tout ce que vous avez promis par mail. Pensez à un mot d’accueil, une collation ou un produit local.

Protégez

Mettez à l’abri et sous clé, objets fragiles ou ayant une valeur sentimentale, produits dangereux ou médicaments. Prévenez vos voisins qui pourront éventuellement intervenir en cas de problème et vous informer.

Informez

Indications, conseils et mode d’emploi : piscine, chauffage, électroménager, téléphonie, numéros d’urgence… Informations touristiques, à découvrir…

Les conseils de la fédération Française de l’Assurance

Vérifiez préalablement que  les personnes sont bien assurées, formalisez l’échange par écrit. Informez votre assureur qui pourra éventuellement adapter les garanties, pour l’habitation et les véhicules si besoin.

En cas de dommage pendant la durée du séjour (dégât des eaux causé par un voisin par exemple), les garanties de l’assurance multirisques habitation du logement jouent même si l’occupant habituel est absent puisqu’il a prêté son logement.

Si les occupants sont à l’origine d’un dommage, l’assurance multirisques habitation du logement peut jouer mais risque de se retourner contre eux.
Si les occupants causent des dommages à certains biens (vase cassé, meubles abîmés…), la garantie responsabilité civile vie privée de leur assurance multirisques habitation peut éventuellement les couvrir. A vérifier.

Attention, en cas d’échange avec une famille étrangère, notamment hors Union européenne, les deux parties doivent vérifier les limites  territoriales de leurs contrats.

Marc Pouiol

Source : 25 millions de propriétaires • N°juillet/août 2020


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